Puisque l’on parle beaucoup d’élections municipales en ce moment, nous proposons un petit retour sur la campagne municipale parisienne de 2020, marquée par de nombreuses surprises et difficultés, dont la moindre n’est pas la crise sanitaire, quelques jours avant le premier tour. C’est l’occasion de revenir sur le surgissement d’un candidat inattendu, Cédric Villani, certes pas totalement nouveau en politique à cette époque, mais qui va se confronter à la dureté de l’une des élections les plus emblématiques de la République. Les questions posées à Cédric, pour le site Sans doute, dans cette interview par Philippe Zamora ne sont évidemment pas celles d’un journaliste professionnel, mais celles d’un camarade de Cédric Villani à Normale Sup (à trois promotions de distance), aujourd’hui haut-fonctionnaire et économiste et qui aime la chose politique. Elles sont donc évidemment posées sans volonté de polémique, mais avec le maximum d’objectivité et surtout sans complaisance aucune.
Je ne suis ni futurologue, ni sociologue, mais dès que l’on se frotte un peu aux questions de politique nationale et internationale, aux questions techniques et technologiques, on doit se plonger dans ces sujets. Au milieu de toutes les incertitudes, une seule certitude : le monde émergent est incertain et en accélération. De nombreux auteurs ont approfondi ce thème, depuis le spécialiste de systèmes complexes Dennis Meadows jusqu’au sociologue Hartmut Rosa. Et c’est également le thème principal de l’excellent ouvrage de Thomas Gomart, L’Accélération du Monde, qui dresse le tableau vertigineux de trois brins d’instabilité qui s’enchevêtrent dans notre monde actuel : instabilité de l’environnement, instabilité de la géopolitique, instabilité de la technique, tous trois se renforçant mutuellement dans une spirale déstabilisante.