Longtemps, la guerre fut un sport d’empires, une passion de maréchaux, un caprice d’États solvables. Puis la technique a fait ce qu’elle fait toujours : elle a cassé les prix, ouvert le marché et vulgarisé l’outil. Nous n’avons pas aboli la violence ; nous l’avons rendue plus portable, plus agile, plus virale — et infiniment plus proche. C’est la revanche des gueux et des Jacques sur les seigneurs de la guerre qui peuvent s’offrir des victoires pour bien moins cher comme le démontre Frédéric Arnaud-Meyer dans sont texte d’une terrible évidence. Une rupture essentielle dans l’histoire de la civilisation pour notre chroniqueur.
Guerre & Paix
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Il y a quelques semaines, dans un texte qui a beaucoup fait parler de lui, Jacques Attali s’est posé la question : « peut-on encore éviter la Troisième guerre mondiale? ». Il redoute la formation d’une Sainte Alliance entre régimes pourtant si différents, mais unis dans une volonté commune : prendre sa revanche sur l’Occident. Se forgerait aujourd’hui dans les profondeurs le prochain cataclysme : dans les soubassements idéologiques, religieux et nationalistes de toutes les sociétés, dans les amphithéâtres universitaires comme dans les remugles des réseaux sociaux. Il n’opposerait plus le marxisme-léninisme au libéralisme judéo-chrétien, mais l’Occident tout entier aux multitudes qui se vivent comme les sujets de son impitoyable empire, pour reprendre les termes du célèbre essayiste. Une vision pessimiste que ne partage pas pour Sans Doute notre contributeur Sylvain Lévy, qui nous explique pourquoi il ne croit pas à un embrasement généralisé. A vous de vous faire votre idée.
De manière particulièrement brillante et synthétique, Dominique Schnapper livre aux lecteurs de Sans Doute un tableau de la situation contemporaine du « modèle » occidental, triomphant après 1945 et désormais attaqué de toutes parts. L’occasion en ce 8 mai, date anniversaire de la victoire contre l’Allemagne du IIIème Reich, de se poser la question de ce que les démocraties européennes sont prêtes aujourd’hui à sacrifier, pour garantir leur existence et donc prendre en main leur défense. L’ère de la paix à l’abri de l’oncle Sam est terminée. Il reste donc à trouver les conditions du maintien de celle-ci et de la défense de nos valeurs, remises en question aujourd’hui à l’ouest, à l’est et au sud du continent européen. Un texte à méditer.